"​Quand la généalogie se mélange à la poésie, les mots naissants murmurent un Fonnkèr..."

D’abord, il y a la page blanche, puis mes souvenirs prennent place. Ensuite, mon crayon demande à noircir quelques pages, et mon imagination déborde quelque peu. Et enfin, la poétesse que je suis, tente de transformer ses pensées. Peut-être, un mal être ou juste un moment de bonheur, sera le support de mes quelques lignes. Pour qu’un jour, quelque part, quelqu’un(e), le lira… Peut-être.

Ecrire pour exister

Si on me demandait : "Quelle style de lectrice, êtes-vous ?"

Je répondrai que je lis principalement des romans historiques, qui racontent comment était la vie d’antan, sur mon île natale. Non, pas que les autres genres de littératures ne m’intéresse pas, loin de là. Il fut un temps, où je lisais que des romans à l’eau de rose, comme on dit.

Depuis que je me suis mise à faire mon arbre généalogique, mon univers littéraire a basculé de l’autre côté. Là, où on apprend comment ont vécu ou plutôt, ont survécu les premiers habitants de l’île Bourbon, et la génération qui les ont succédé. Certains étaient esclaves, d’autres des fugitifs (Maronèr), ou alors c’étaient des propriétaires (Colons). Leurs enfants, petits-enfants, ou arrière-petits-enfants…, ont connu l’épidémie de variole (1729). Beaucoup d’entre eux, n’ont pas survécu à cette contagion.

Quelques années plus tard, en 1794, quand le premier décret de l’abolition de l’esclavage fut déclaré, les esclaves ne sont pas devenus Libres, car ce dernier ne fut pas respecté dans certaines colonies, notamment à l’île de la Réunion. Leurs descendants ont attendu le 20 Décembre 1848, pour ne plus être des esclaves, alors que le deuxième décret de l’abolition de l’esclavage était en vigueur depuis le 27 Avril 1848. Ah oui…, ils devaient couper la canne avant, car la campagne sucrière ne pouvait se faire sans eux… Puis, est venu l’heure, du besoin de main d’œuvre, et les engagés sont arrivés, pour combler le manque de travailleurs. Car ceux qui ont connu le fouet (chabouc) étaient passés d’esclaves à affranchis. Ces derniers avaient d’autres priorités… La Liberté.

Je résume en gros, ce que j’ai pu apprendre en quelques années de recherche généalogique. Mon seul regret, c’est d’en avoir pris connaissance tardivement. Ma génération (45+) ne peut me contredire, car comme moi, l’école de notre époque nous ont montré que la face A, de notre livre d’histoire. La face B, a été mis aux oubliettes. Dommage…, mais c’est tellement loin tout ça, n’est-ce-pas ?

Aujourd’hui, ce qui compte c’est que nos descendants connaissent l’histoire de leurs ancêtres. Et pour ce faire, rien de tel qu’un bon roman historique rédigé par des Réunionnais(es), où alors par un non-natif 974, mais qui s’intéresse à la vie lontan de nout ti péï. Voilà, pourquoi j’ai créé LilutèK - Ma bibliothèque Réunionnaise !

Le but est d’amener les familles de mon île, à découvrir ou redécouvrir l’histoire du peuplement de l’île de la Réunion. Et si mon site, leur donne envie de se réconcilier avec la lecture, tant mieux !!! Ce sera ma récompense !

Fanny Racazo

Date de dernière mise à jour : vendredi, 08 novembre 2019

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